17 févr. 2010

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ZOOLOGIE II


LE LAPIN DE MER




Le lapin de mer est un animal furtif, agile, joueur, voire taquin, vaguement enclin à la monogamie, et dont les oreilles ont disparu au cours de sa lente adaptation à la vie aquatique. 

Contrairement à ses cousins terrestres, le lapin de mer ne creuse pas de terriers car c’est un indécrottable paresseux. A force de se laisser ainsi mollement porter par les courants, sans forcer, ses membres se sont atrophiés. Il ressemble donc vaguement à un saucisson à queue, avec de longues dents. Comme il n’use plus ses incisives à ronger les végétaux, ces dernières ont poussé démesurément vers le bas, car c’est moins fatiguant. Sa nourriture se compose essentiellement de frites marines qu’il trouve au pied des moules, ce qui explique son embonpoint et son faible goût pour le sport en général. Cela ne l’empêche pas de savoir attendrir son entourage et c’est par dizaine que des femmes en villégiature sur la Côte d’Azur craquent en disant à leur mari : « Oh ! Regarde chéri comme il est trognon ! » et c’est par dizaine que des maris rétifs ramènent des lapins de mer à la maison.

Le lapin de mer n’est pas un intellectuel et ses performances au Scrabble avoisinent le zéro, mais sa domestication est aisée. Il peut distinguer plus d’une centaine de mots différents.

On peut également lui apprendre à chanter et à faire des claquettes, ainsi qu’à participer aux cérémonies religieuses. Certains sujets particulièrement doués réussissent même à faire du cinéma, avec un certain succès, mais leur cabotinage outrancier finit toujours par les faire échouer à deux doigts de l’Oscar du meilleur second rôle animal, catégorie rongeur de compagnie.

Dans la pratique, l’élevage du lapin de mer ne pose aucun problème. Une poignée de frites, quelques moules, une tape amicale sur la croupe et le lapin de mer 



devient votre ami pour toujours. Il ne vous quittera plus

 jamais, on vous aura prévenu. C’est un sentimental à l’affect surdéveloppé, un grand romantique, un cœur d’artichaut, une sale lopette.

A la belle saison pourtant, les grands mâles dominants ressentent l’appel de la terre. Ils font alors une cour sommaire et bruyante aux femelles, puis les lutinent sans grâce sur les plages torrides en poussant des grognements obscènes. Aussitôt après, ils s’endorment. Une fois réveillés, ils recommencent à besogner leurs compagnes et ce manège dure plusieurs semaines harassantes à l’issue desquelles les femelles donnent naissance à un œuf tout blanc d’où sortira un lapereau tout noir, à condition que les parents aient la patience de couver jusqu’à l’éclosion, ce qui est peu probable compte-tenu de leur légendaire je-m’en-foutisme et de l’énervement bien compréhensible des touristes avec qui ils partagent le littoral.

En raison de la médiocrité de sa chair, le lapin de mer est peu prisé des hommes-grenouilles qui ne voient en lui qu’un pis-aller. La femme de l’homme-grenouille - la grenouillette-, fait la moue lorsque son grand dadais de mari lui rapporte du lapin de mer à déjeuner ; cet animal a brisé bien des couples subaquatiques. Le Commandant Cousteau lui-même recommandait la plus grande prudence aux hommes de la Calypso au sujet de cet animal larvaire ; il est de toute façon admis que les lapins de mer passent pour porter malheur une fois à terre.

Pour finir, nous ajouterons que le lapin de mer n’est certes pas indispensable à la compréhension de l’océanographie dans ses grandes lignes, mais qu’il contribue à faire joli sur nos plages, ce qui est déjà beaucoup.



SANTÉ


L'ANKYLOSE DE CARRARE




La maladie dont nous allons parler aujourd’hui est peu commune, sans être rarissime non plus, mais elle est classée parmi ce qu’il est convenu d’appeler les maladies orphelines, à la différence de la peste par exemple dont on connaît bien les parents qui sont le choléra et la grippe.

L’ankylose de Carrare, puisque c’est d’elle qui s’agit, était autrefois appelée le « mal blanc » ou « syndrome de Michel-Ange ».

C’est une maladie qui s’attrape en faisant la sieste sous une statue de militaire. Des miasmes encore inconnus vous pénètrent durant votre sommeil et vous voilà contaminé. Au stade de l’incubation, la progression du mal est lente et passe inaperçue, mais petit à petit les extrémités de vos membres supérieurs blanchissent et deviennent friables comme un mauvais calcaire tandis que les articulations se durcissent et qu’il devient pénible de faire un mouvement, pénible et extrêmement risqué : on en connait qui se sont rompus les avant-bras pour avoir applaudi trop fort au théâtre ou à l’opéra. Il convient donc d’éviter les spectacles burlesques.

Au bout de quelques mois, vous êtes parfaitement fossilisé et il vous est devenu impossible de faire le moindre mouvement sans risquer de vous désagréger comme une vieille tranche de pain sec. C’est le premier stade, le plus douloureux.

Passé cette période peu agréable, votre famille vous met généralement dans le jardin car vous prenez trop de place dans le séjour, et si elle n’a pas de jardin, elle vous met à la cave, en tout cas dans un endroit frais et bien ventilé. C’est ce que les médecins appellent la période de latence. Elle peut prendre quelques semaines à plus d’un demi-siècle dans certains cas exceptionnels. Vous pouvez observer à loisir vos ongles de pied pousser.




Ensuite une rémission survient, assez brève, mais qui vous laisse le temps de souffler un peu et de rédiger votre testament si vous ne l’aviez pas encore fait. Cette courte période de ramollissement est poignante et constitue toujours un spectacle de choix pour les âmes sensibles en quête d’émotions rares car c’est aussi la dernière fois que l’on vous verra rire et danser la Lambada en string.

Le dernier stade est sans surprise: la fossilisation reprend de plus belle et vous mourez bêtement recroquevillé dans votre lit en essayant de faire un mot que la postérité retiendrait, mais vous n’arrivez pas à desserrer les mâchoires, alors vous faites « Arr ! » comme tout le monde et on vous enterre bien vite car votre agonie a mis les nerfs de votre famille à rude épreuve, il faut la comprendre.

Des cas de guérison spontanée sont bien observés ici et là, apportant un peu d’espoir à celui ou celle qui est atteint du mal mais, une fois rétablis, ces sujets restent nerveux et instables, peu enclins à la vie de famille, et finissent généralement par écrire leurs mémoires dans un style minéral qui n’engendrent qu’un ennui stérile chez leurs rares lecteurs.



CINÉMA


PETITS SECRETS EN CACHETTE AVEC SES AMIS




Un film de Louis Palmodiras


Ce premier film du jeune et talentueux Louis Palmodiras est attachant à plus d’un titre. 

On retrouve là tous les ingrédients qui ont fait le succès du cinéma d’auteur Français de ces dernières années : une intrigue amoureuse sur fond de prise de conscience collective de la nécessité d’être jeune, mais pas trop, libre, mais à condition de respecter l’autre dans sa différence inaliénable qui fait qu’il n’est pas pareil, et un zeste d’humour pour alléger le tout, vous obtenez une fable contemporaine décapante.

Le film est porté à bout de bras par une distribution éblouissante, la pétillante Karine Bréchet en tête -elle est également la compagne du réalisateur à la ville- qui campe là le personnage haut en couleur de Zora, une jeune immigrante Yougoslave en recherche d’identité.

Une intrigue savamment enchevêtrée où les couple se font et se défont, des personnages flamboyants – irrésistible Franck Laboidu dans le rôle du percepteur général, et l’extraordinaire Sylvain Lagrange qui endosse pour l’occasion un costume de majorette municipale -  des décors naturels d’une rare authenticité – le film a été entièrement tourné dans un véritable pavillon de Nogent-sur-Marne - et, pour couronner le tout, un dénouement inattendu qui fait qu’on est surpris, mais pas trop, font de cette comédie douce-amère un agréable divertissement.

Malgré quelques maladresses inhérentes à tout premier film – certaines scènes un peu trop statiques, surtout la partie de Monopoly filmée en flash-back flou - « Petits secrets en cachette avec ses amis » est certainement l’un des grands crus de cette année cinématographique.

 Il a d’ailleurs été sélectionné pour être en compétition ce printemps sur la Croisette, et il est fort à parier que le Jury sera favorablement impressionné par cette brochette de jeunes acteurs épatants.

Qui a dit que le Cinéma Français était moribond ? 




LA PAGE DES ASTRES

DOCTEUR WALLAKÉ
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AMOUR 
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Il faut tout de suite commander votre talisman magnétique en fibrociment ! Des générations d’estropiés du corps astral en rendent compte dans leurs lettres de félicitations: c’est le talisman sacré qui les a tirés de ce mauvais pas. Sans lui, pas de jambon label rouge, ni de concorde en flamme sur le tarmac, c’est foutu, pas bon.

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ZOOLOGIE


LA CALANDRINE DES SABLES




La calandrine des sables est grande comme une othraque et large comme deux éclamisses. Le jour, elle se cache sous le sable, on ne la voit pas.

La nuit, elle rampe sans bruit en bordure des plages.

On dirait qu’elle rêvasse, créature innocente.

Il ne faut pas s’y fier. Sous ses airs contemplatifs, la calandrine est prête à dévorer des proies qui dépassent souvent sa propre taille. J’ai vu un soir une modeste calandrine engloutir un balutrin entier, avec les plumes et tout!

Sa voracité n’a pas de limite. A l’aide de sa double rangée de molaires, elle arrive même à broyer les carapaces des traumes, pourtant si dures. 

Il y a véritablement danger à dormir sur les plages qu’elle fréquente: on connaît tous ces histoires de touristes aux pieds affreusement mutilés pendant leur sommeil...

Sa chair est coriace et filandreuse. Les Tadjs ont une recette secrète pour la préparer et lui faire perdre son amertume, mais les Tadjs mangeraient n’importe quoi -ils ont aussi une recette pour les cappéroles, c’est tout dire.

A la saison des amours, la calandrine change de sexe, ce qui entraîne bien des confusions. Des couples se forment, puis se séparent quelques minutes plus tard, un peu honteux. Leur taux de reproduction déjà extrêmement faible est encore amoindri par le cannibalisme congénital des parents envers leurs rejetons, ce qui fait de la calandrine des sables un animal rarissime.

Une autre espèce plus commune, la calandrine des jardins, tend à supplanter la première au fil du temps. Strictement végétarienne, la calandrine des jardins s’apprivoise facilement, mais retourne à l’état sauvage si vous cessez de la caresser pendant une semaine. Elle s’en va alors avec un air froissée, et vous ne la revoyez plus.

Rien à voir évidemment avec la calandrine musquée, beaucoup plus familière, qui n’hésite pas à élire domicile dans votre frigidaire, d’où elle est très difficile ensuite à déloger. 

Dans l’ensemble, les calandrines sont des animaux nuisibles et opportunistes, mais elles parviennent à nous attendrir à cause de leurs regards potelins. Quand on en a une, il est presque impossible de s’en séparer sans remords.





DEBOUT LES JUNIORS !





INSOLITE

LE CHIEN LE PLUS INTELLIGENT DE CHINE peut ingurgiter jusqu’à dix kilos de croquettes « Obama » par jour et continuer à aboyer normalement. Il s'appelle Dédé. Il fera partie de la prochaine mission spatiale pour Mars et sera chargé de renifler les espions occidentaux pendant leur sommeil ou pendant qu'ils feront la cuisine déguisés en poules mouillées.


LA PLUS MAUVAISE HALEINE DE ST-TROPEZ appartient au beau-fils de la concierge de la Crypte aux vedettes sur le retour. Marc Supertrapèze (c’est son nom) prétend avoir hérité ce don au cours d’une promenade digestive dans le grand collecteur de San Diego (Californie d’Amérique) où un mystérieux cosmonaute au chômage lui aurait transmis un précieux virus lunaire. Toujours est-il que Marc est bien sympathique avec ses dents en cartilage de morse.

LE CELEBRE MAGICIEN BOUDINI parvenait à se libérer de ses liens en les mangeant comme de vulgaires saucisses. Le truc consistait à s’entourer de véritables saucisses, peintes de manière à donner l’illusion d’une corde en saucisse ! Les spectateurs n’y voyaient que du feu, et pourtant c’était de la grande charcuterie.

LE NAIN LE PLUS GRAND DU MONDE mesurait 1m72 et vivait à Irkoutsk, près du lac Baïkal (Russie). Vassili Tourgueniev était originaire d’une famille de nains parfaitement normaux ; ce n’est que vers l’âge de 13 ans que ses parents, alarmés par sa taille excessive, lui ont fait passer des tests médicaux qui ont confirmé sa totale inaptitude au cirque.
Son squelette est conservé au Musée des Impôts Fonciers de Bulgarie.


JAMES BOND aurait vraiment existé. Il occupait un poste de marcheur-en-long dans la ville de Gergovie-sur-mer. Ses facultés pédestres exceptionnelles lui permettaient de faire plus de cent cinquante fois par jour le trajet entre l’épicerie et le burau de tabac, donnant ainsi l’illusion d’un centre-ville surpeuplé et trépidant. Son fils Jim Bond n’a hélas pas hérité de ses dons. Il est aujourd’hui simple ministre du cinéma au sein du conseil municipal.

DÉCORATION INTÉRIEURE


LE FUTRIN



Cette année encore, le futrin d’intérieur a été plébiscité par les acheteurs d’objet insolites et décoratifs. Il faut dire qu’avec ses nouvelles couleurs pastel et sa gamme très complète d’accessoires, le futrin rénové ne manque pas d’atouts. Surtout, sa taille a été repensée par ses deux concepteurs, Valérie d’Angulasse et Bernard Toucourt. 

« Nous avons voulu le rendre plus fonctionnel et plus urbain » nous expliquent les deux designers, avant d’ajouter :

« C’est vrai que les anciens modèles trouvaient d’avantage leur place dans le jardin ou sur la terrasse, c’est pourquoi nous avons réduit la taille des ouïes latérales et des réservoirs de graisse, ainsi que le longeron en teck qui soutien les deux hélices de plexiglas. L’ensemble est plus compact, mais les performances restent inchangées. »

A la rédaction, nous avons testé le modèle « Ambassador », et c’est vrai que le résultat fut à la hauteur de nos espérances : Les quatre rétro-balais jouent parfaitement leur rôle et, mis à part une imperceptible vibration au niveau des rotules lorsqu’on change d’accessoires -par exemple quand on remplace une bûchette par un peigne de trapéziste- l’ensemble est remarquablement équilibré et procure une sensation de confort et de bien-être immédiat. Que dire de plus, si ce n’est que la robustesse à toute épreuve des deux engrenages principaux laisse augurer une longévité hors norme, impression confirmée par la garantie de cinq ans qui accompagne chacun de ces engins uniques. On achète un futrin pour soi, mais aussi pour ses enfants et ses petits enfants. 

Le prix est le seul point faible de cette splendide invention : il faut compter débourser entre 2800 et 4000 nouveaux urils environ selon les options, mais comme le souligne Bernard Toucourt : « Quand on achète un futrin, on n’achète pas seulement un objet, on achète aussi du rêve ! »

 



NOUVELLES PARUTIONS


LES AMANTS D'INGOLSTADT



Roman de Jean Luc Langelot


Le Danube est véritablement le personnage principal de ce roman fleuve que nous livre comme chaque été Jean-Luc Langelot, avec une ponctualité remarquable. Le Danube et ses innombrables boucles qui enserrent tel un anaconda teutonique les fragiles créatures que sont Georg et Graziella.  Fragiles et fiers, timides et fermes, petits et maigres, routiniers et pantouflards, Georg et Graziella s’ennuient et s’amenuisent lentement dans une vie brouillardeuse et lugubre, sans horizon, sans même une sortie à Ikea pour égayer leur dimanche. De ce néant humide monte pourtant une plainte sourde et lancinante, un mugissement animal et profond, celui de l’amour quand même, de l’amour malgré tout. C’est le point de départ d’une longue quête (conquête ?) de l’autre au cours d’une croisière en péniche sur le beau fleuve marron. Une question se pose alors dans toute son acuité : ces naufragés du cœur auront-ils assez de gilets de sauvetage ? Nous ne pouvons vous dévoiler toute la complexité de l’intrigue, mais seulement vous faire apprécier ce superbe passage de la page 845 :

« ...Graziella tourna alors son regard délavé vers Georg. Il était seul à la barre et sa silhouette falote semblait se dissoudre dans la nuit gorgée de silence. Le battement sourd du moteur se mêlait à celui de son coeur et un mot gonfla ses lèvres tel une engelure ravivée par le froid :

Pourquoi ? Pourquoi cette course folle à bord de cette péniche à l’étrave vermoulue ? Pourquoi toute cette eau partout ? Pourquoi cette fumée âcre et noire qui s’échappe de la soute ? Georg tourna à son tour ses yeux pâles vers Graziella et toussa avant de prononcer cette phrase sibylline : « Le rivage est encore loin, mais l’orage est pour bientôt ». Le moteur eut alors un dernier gémissement et l’ampoule électrique s’éteignit tandis que forcissait le courant sous la coque aux planches disjointes. »

 Du grand Langelot, sans doute son roman le plus achevé et le plus personnel dans lequel il semble enfin se dévoiler, lui, l’homme, et ses blessures secrètes qui suintent pour notre plus grande joie au gré de ces pages légères comme les feuilles d’automne.  986 pages. 89,90€, chez Alain Delon Editeur.





 


LA LÉGENDE PLAQUÉE OR


SAINT TAPIOCA




Saint Tapioca


Religieux Mexicain (Zacatecas 1785-San Luis Potosi 1841).

Après des études classiques de pompes funèbres, Saint Tapioca (de son vrai nom Ramon Cortázar Y Mozar) rompt avec son milieu social et se consacre aux riches, avec lesquels il décide de vivre, adoptant leurs coutumes et leurs habits du dimanche. Son action se heurte néanmoins à l’opposition de la populace qui n’a de cesse de se plaindre et de réclamer du pain. Heureusement, avec l’aide des banques et des investisseurs étrangers, il parvient à mater la révolte des Peones (journées du 6 et 7 novembre 1829) et à rétablir la dictature de droit divin. Nommé Ministre du culte et de la culture par le Général Gañacho, il fait preuve d’une habileté politique remarquable et élimine ses rivaux en jouant aux chaises musicales. Il dote ensuite le pays d’églises monumentales et entreprend la construction de la Cathédrale de Mexico sur les anciens vestiges de la cité Aztèque. Inaugurée par le grand père de Louis Mariano, l’édifice est un chef d’œuvre entièrement réalisé en pâte d’amande polychrome du plus bel effet. Il n’a hélas pas résisté aux intempéries ni à la voracité des fidèles. 

Martyrisé par sa femme qui lui réclame une pension alimentaire exorbitante, Saint Tapioca meurt finalement de chagrin un 14 juillet et son corps est découpé en petits morceaux selon son désir, afin de laisser un maximum de reliques à la postérité.

Canonisé par Pie VII par inadvertance, on lui doit également un précis de permis de conduire et une Vie de Madame Paule.

Sa statue est encore visible au centre commercial « El Rascal » d’Acalpuco.





LA DERNIÈRE ÉCLUSE


un roman de Patricia Chevrette


Nous nous étions fait écho dans ces pages du précédent opus de Patricia Chevrette, « La valise du boulanger », roman autobiographique dans lequel nous assistions à l’éclosion d’une plume alerte et incisive, pleine de bonhomie à l’évocation de son enfance passée à Issoudun dans la cave de son grand-père. Elle nous revient cette fois avec une fiction basée sur des faits réels, l’histoire d’une femme paraplégique qui reprend goût à la vie après un terrible accident d’accordéon. Dans ces terres glacées du Nord qu’elle affectionne, Patricia Chevrette brosse le portrait juste d’une femme humble mais autoritaire, carbonisée par la passion secrète qui la lie à Joseph, dit « La fouine », le fils unique du rebouteux local. Ce dernier fera tout pour briser cette idylle naissante dans l’œuf et multipliera les mauvais sorts à l’encontre de l’héroïne -qui n’est jamais nommée par son prénom- Patricia Chevrette l’appelle tout simplement « Elle » tout au long de l’intrigue. Nous ne dévoilerons pas la fin, surprenante, ou un mystérieux auto-stoppeur -« Il »- finira par délivrer « Elle » des griffes de son tortionnaire avant de mourir, délivré, le pouce en l’air, au pied d’un gros camion Scania transportant une mystérieuse cargaison d’escargots.

Un roman âpre, jamais gratuit, où le sens de l’observation et la concision des phrases exploitent avec justesse une moisson de sentiments ordinaires poussés à leur paroxysme, mais lentement, progressivement, 

comme le mascaret luisant d’un fleuve hypnotique.

Nous ne pouvons résister à la tentation de vous livrer un extrait de cette prose merveilleuse :

« ...Elle regardait par la fenêtre. Le parc. Les feuilles humides. Elle regardait par la fenêtre l’humidité des feuilles du parc. La fenêtre, pensait-elle, quelle simplicité ! Ouvrir la fenêtre. Sortir dans le parc. Marcher dans les feuilles humides jusqu’à en avoir le vertige. Mais non. Pas maintenant. Il fallait qu’elle renonce à ce projet fou. Elle devait patienter encore un peu. Patienter derrière la fenêtre, derrière le parc, derrière le vertige.

Elle regardait. La fenêtre. Le parc. Elle était seule. Toute seule derrière sa fenêtre.... »

On ne ressort pas indemne d’un tel ouvrage. Il faut du temps pour le digérer, mais il trouve petit à petit le chemin de notre âme et change notre vision des choses, imperceptiblement. Il fait partie de ces livres rares qui émergent de l’horizon morose de la pensée, véritables bornes kilométriques de notre parcours terrestre qui nous indiquent toute la distance à parcourir jusqu’à notre accomplissement ultime.

Un livre à lire avec ses yeux, mais aussi avec des lunettes sur le cœur.






 


PARTONS UN PEU

L'ARRIÈRE PAYS TARBUFFLOIS



La région de Tambusc-Flocaille est réputée depuis des temps séculiers pour le charme débonnaire des ses habitants (les Buscainfloqués) qui vivent encore de nos jour comme savaient le faire nos aïeuls, au rytme apaisant des saisons et des menstrues. Ignorant le stress des grandes villes, les Buscainfloqués se reproduisent paisiblement mais abondamment, peuplant de leurs trognes  réjouies les doux vallons de la campagne environnante. 

Ah ! La campagne Buscainfloquette ! 

Goethe lui-même l’avait admirée et chantée lors de son retour d’Italie dans les célèbres « Elégies  au fromage de tête » qui passent pour apocryphes, mais dont l’authenticité saute aux yeux une fois que l’on est immergé dans l’ambiance bucolique de cette contrée rurale. Un des temps forts de la vie des Buscainfloqués, à part le championnat de sanglots et le concours du plus long pantalon, est la cueillette des champignons géants au mois de vidumbre. Tous les paysans des fermes alentours revêtent pour l’occasion leurs plus beaux habits et partent à la recherche des pleurotes et autres agarics gigantesques qui parsèment les berges des cours d’eau et coiffent l’horizon de leurs chapeaux élégants. Ils ne sont guère durs à dénicher en effet, et la récolte proprement dite tient plus de l’abatage que de la cueillette, mais qu’importe. Un seul de ces ascomycètes peut régaler des centaines d’autochtones durant des mois. Il convient cependant de ne pas se tromper : certains de ces géants éphémères peuvent se révéler toxiques, et c’est alors des  villages entiers qui sont décimés s’il s’agit d’amanites ou qui basculent dans la folie s’il s’agit de Psilocybes. On peut ainsi visiter les ruines pittoresques de ces hameaux abandonnés jonchés de squelettes, mais il est strictement interdit de ramasser ou d’emporter des ossements, par respect de l’environnement. 

Une fois l’hiver venu, les Buscainfloqués s’enkystent au fond de profondes citernes et on ne les voit plus ; la contrée perd alors beaucoup de son attrait. Et puis il y a les loups. C’est pourquoi nous ne saurons trop vous conseiller de visiter le Tambusc-Flocaille l’été, et surtout l’automne car les tarifs des hôtels sont plus avantageux. Evitez les chambres d’hôtesses aux mœurs douteuses et préférez plutôt le camping cavernicole si vous ne trouvez rien d’autre. On peut également louer des  carabanes, sorte de cabane sans roues, mais le confort est moindre.




16 févr. 2010





LES FRITES EN GELÉE DE L'ONCLE PAUL

En cette fin d'hiver, étonnez vos amis avec un plat familial et chaleureux, facile à réaliser, et qui fera revivre le temps d'une soirée l'ambiance torride de vos vacances au camping Le Goémon.

Pour ce faire, disposez dans des ramequins individuels (que vous aurez généreusement graissés au préalable) quelques poignées de belles frites toutes chaudes et dorées en couche successives. Salez, poivrez. Dans une casserole, préparez un litre de gelée au madère. Laissez refroidir quelques minutes et versez-la ensuite sur les frites, jusqu'à ras-bord. 

Mettez le tout au réfrigérateur pendant quatre heures. Juste avant de servir, démoulez sur une assiette et ajoutez une noisette de mayonnaise pour la décoration.

Précisons que cette recette accompagne parfaitement la charcuterie et les fromages, ainsi que les tripes à la mode de Caen. Pour ceux qui sont soucieux de leur cholestérol ou qui la trouve trop riche, on peut remplacer la mayonnaise par un brin de persil. 

Cher Oncle Tobie, 


Je suis Aymeric L., de Talence.

Je me suis décidé à vous écrire après avoir pu mesurer les indiscutables progrès  que ma voisine, Madame  Drain, a fait depuis vos séances d' hypnose. Elle est ruinée, certes, 

mais a retrouvé toute sa vigueur et ce sourire enfantin qui la différencie désormais de ce morceau de moût de veau auquel je pensais naguère lorsque je la croisais dans l'escalier. C'est dommage qu'elle n' ait plus les moyens de vivre dans notre immeuble, il est vrai, cossu. Si je vous écris enfin, c'est que ma vie est une suite ininterrompu d'échecs amoureux. Comme tout le monde,  me direz vous, en spectateur aguerri des passions humaines. Le problème, c'est que cela survient toujours deux ou trois mois après  que je me sois  installé avec  l' être aimé, sous le même toit, et que notre vie commune semble un paradis permanent. Je me dois de vous dresser un tableau de ce que je pense être, de ce que je sais être, le reflet de ma personnalité dans l'oeil de verre de mon interlocuteur. Je vais bientôt avoir 40 ans. J'ai fait de brillantes études de droit international, mais il  y a dix ans, j'ai changé de cap, pour un métier créatif où je m'épanouis pleinement, dans la reconnaissance de mes pairs et aussi la certitude d'un confort matériel qui n'est pas négligeable. Je suis engagé dans de nombreuses oeuvres caritatives, pour lesquels je me dévoue sans que cela soit une sorte de passe droit moral.

J'effectue avec soin le tri de mes ordures. Le compost n'a plus de secret pour moi. J'utilise ma voiture que lorsque c'est réellement nécessaire. J'aime les enfants, et je peux passer de longues heures à promener mes neveux et nièces dans les musées comme dans les salles de cinéma où je sais rire de bon coeur avec eux en regardant des films commerciaux. Je sais, lors d'une soirée entre amis, ne pas m'appesantir sur le bricolage, le football ou bien des sempiternelles histoires où je rive le clou de mes collègues de travail, ayant toujours le beau rôle, étant toujours la victime d'un complot mettant en péril ma légendaire bonne foi. Je suis de gauche, mais n'ai rien contre une ouverture avec le Modem et les écolos car le principal est d'arriver à la victoire, même si je doute de l'issue. Je prends soin de mon corps. Chaque matin, 100 pompes me maintiennent dans une vivacité de guêpard. j'ai une alimentation équilibrée, bio sans exagérer, me nourrissant aussi des fruits et légumes que je cultive à la saison sur un lopin de terres tout proche.

Je  parle  6 langues dont 4 couramment. Je me tiens au courant de l'actualité artistique et culturelle, préservant toujours du temps pour lire les nouveautés. Quand j'aime une femme, je suis tendre, mais fort aussi, dirigeant sans être directif. Mes cadeaux sont toujours le fruit d'une réflexion, la preuve que j'écoute ce qu'elle me dit, lorsqu' elle croyait que j'avais oublié ce petit indice. Ma passion est brûlante, mais je la tempère juste avant qu'elle ne devienne une mélasse de pathos, d'opéra rock en carton pâte. Sexuellement, je suis une oreille tout ouïe, à l'écoute des moindres soupirs, des moindres variations, et si d'aventure, j'étais victime d'une panne, je sais en rire, et non pas m'autoflageller en attendant que l'on me réconforte.Je suis honnête, sans être idiot, lucide, sans être froid, responsable, sans paternalisme. Et pourtant, malgré toutes ces constatations qui pourraient paraître vaniteuses mais qui sont le fruit d'une profonde auto-analyse, arrive toujours le soir où rentrant à la maison, je trouve sur la table de chevet de mon amour absente ce mot " je n'en peux plus, j'ai besoin de réfléchir un peu", ce qui sonne toujours le glas de notre idylle. Que dois je faire, Oncle Tobie ? Où est la faille ? J'avoue que je ne sais plus quoi faire. J'ai eu dans l'idée de me retirer au Guatemala pour ouvrir un dispensaire pour non-voyants frigides et diabétiques , ou même vivre des aventures sans lendemains avec des filles de passage, mais je ne puis m'y résoudre. La disparition subite d'Emma, mon dernier amour, a laissé un vide dans mon coeur comme le garde meubles de madame Drain qui a reçu la visite ce tantôt d'un huissier zélé. Aidez moi, Oncle Tobie, quoiqu'il m'en coûte.




La réponse d'Oncle Tobie



Petit fumier. Minable. Vous avez vainement essayé de m'avoir. Béni oui oui. Chacal des steppes. Figurez vous que ce matin même, avant que je reçoive votre courrier, Emma, votre ex petite amie, est venue me consulter. Elle vient déjà depuis quelques semaines, et a eu le temps de me raconter les faits terribles qui vous sont à charge. Elle m'a avoué votre soudaine transformation. Les efforts qu'elle a fait pour surpasser sa douleur. Votre indifférence aussi, presque sadique. Et lorsqu'elle vous a demandé de faire quelque chose pour que cela cesse, vous avez tout simplement ignoré ses conseils. Celle d'une femme aimante. Elle n'a pas pu supporter plus longtemps cette chose répugnante qui stagne en vous. Car Aymeric, il faut qu'enfin vous vous l'avouiez à vous même : lorsque vous trouvez enfin l'harmonie, vos doigts se mettent à puer l'échalote. On se croirait dans la section cuisine d'un centre de formation et d'apprentissage de deuxième zone. C'est dégoûtant. Vos vêtements en sont imprégnés. Emma m'a ramené une de vos dernières lettres d' amoureux éconduit, j'ai dû la tenir avec une pincette, en me bouchant le nez. Vous êtes un bouillon cube aux légumes vivant. Une sorte d'ode lacrymal aux bulbes alliacées. C'est simple, dans un hypermarché, les barquettes d'onglets s'extirperaient des armoires réfrigérées pour vous suivre à la trace. J'ai pour vous la plus profonde aversion. Derrière votre perfection feinte, se cache un tonneau de lie des flacons de Maggi frelatés.  Non je ne garderai pas cette fois ci la distanciation nécessaire à l'exercice de ma profession. Je vous laisse, avec un dernier conseil, car ça commence à sentir le râgout ici : tentez désormais de séduire des femmes atteintes de sinusite permanente, peut être accepteront elles le calvaire de votre présence. Non mais des fois.





Monsieur le préfet,


Ayant acquis une concession à perpétuité d'un terrain dans le cimetière de Vatan ( Berry), où monsieur C., mon père a été enterré le 17 mai 2009, je vous prie de vouloir m'accorder l'autorisation de faire exhumer et réinhumer ses restes dans le dit cimetière.

Veuillez agréer, Monsieur le préfet, l'assurance de mes sentiments les plus respectueux.

                                                                                                                Hortense V.



La réponse d'Oncle Tobie


Maman, je t'ai déjà expliqué que cette rubrique est un espace thérapeutique, et en aucun cas le réceptacle de nos petits conflits familiaux. De plus, je dois te le rappeler, c'est mon frère Tristram qui est préfet, pas moi. Moi je suis le raté de la famille, le Jacques Lacan de la cour des miracles, le confesseur patenté des tracas inextricables comme tu as eu la bonté de me le  rappeler alors que nous levions tous nos verres pour fêter la nouvelle année. J'en profite pour te dire que je ne viendrai pas pour la galette des rois, car je vais à Stockholm recevoir un prix pour l'ensemble de ma carrière. En plus je n'ai jamais eu la fève, contrairement à mon frère qui les collectionne dans une petite boîte en loupe de noyer que tu lui as offert pour la circonstance. Je te remercie encore pour le pullover trop grand, je m' en suis servi temporairement pour boucher une fuite dans le velux après les intempéries du milieu de la semaine, ces dernières ayant endommagé irrémédiablement le tableau représentant les étapes physiologiques  du choléra offert à ta belle fille pour ses quarante ans. 




Cher Oncle Tobie, 


Je me permets de vous écrire, poussée par ma voisine  Florence T. , votre patiente depuis deux ans déjà, qui est transformée depuis que vous la suivez. Elle ne boit plus que 3 litres d' eau de vie par jour, ce qui est vraiment un progrès considérable.

Voilà la raison de ma missive. Je suis née dans un pays en guerre, et fus expulsée du ventre de ma mère par le souffle d'une bombe qui me projeta dans une cheminée, heureusement éteinte, cheminée qui m'a protégé lorsque la maison s'est effondrée sur toute ma famille ainsi que la sage femme et les trois amies de ma soeur de 8 ans qui jouaient dans le salon. Cinq années plus tard, le ferry sur lequel l'on m'avait placé avec la totalité de l'orphelinat en partance pour une zone plus stable fut torpillé et nous ne fûmes qu'une dizaine à réchapper à ce désastre. La paix revint, et plus tard, je rencontrais un gentil garçon qui malheureusement mourut écrasé par un tramway alors qu'il venait  me demander en mariage. Je regarde  parfois son alliance tordue avec mélancolie. Je trouvais un emploi stable dans une conserverie de sardines, quand une citerne d'huile d'olive céda, noyant toutes les ouvrières de la chaîne, alors que je prenais ma pause réglementaire en  grillant une cigarette. Effrayée par les cris venant de l'atelier, je jetais mon mégot au hasard mettant le feu au service comptabilité. Ma malveillance non préméditée fit 9 morts. 

J'essayais de retrouver goût à la vie, et rencontrais Bernard M., qui fut le premier à créer une boîte de saut à l'élastique dans les gorges du Verdon. Je crois que je n'ai pas à vous expliquer la fin tragique qui fut la sienne, succédant aux drames que je vous ai narré, faisant fi d'un certain nombre de castastrophe, affective, personnelle, extérieure.

Ne vous y trompez pas. Je suis suréquipée pour la résilience. Tous ces traumatismes glissent sur moi comme  de l'eau sur une toile cirée. Et puis j'ai déjà fait une analyse, au terme de laquelle mon psychanalyste fut retrouvé une balle de petit calibre dans le crâne sur son divan. Alors, me demanderez vous, pourquoi vous écrire, pourquoi tirer la sonnette d' alarme. Et bien voilà. Je vis avec Victor depuis 12 ans. Je n'ai pas peur qu'il tombe du toit en le réparant où qu'il ait un accident de voiture, car il est hémiplégique. Il est doux, calme, réservé, mais nous avons tous les ans une dispute récurrente dont j'aimerai bien me passer. Voilà. J'ai planté jadis dans notre jardin des églantiers, qui tous les ans, nous apporte plusieurs kilos de cynorrhodons que je transforme parfois en jus, souvent en confiture. Et là vient l'objet de notre désaccord : Victor soutient qu'il faut une fermentation de 48 heures pour que les fruits deviennent plus tendres. Moi je pense plutôt  qu'il faut de 4 à 5 jours. Rustica, auquel nous sommes abonnés, parle de 6 jours. Télérama confesse que trois suffisent amplement. Pourriez vous trancher ce noeud de discorde, cher oncle Tobie ?

                                                                                                                                                                                   Micheline Q.


La réponse d'Oncle Tobie


à la vue des nombreuses péripéties tragiques auxquelles votre entourage semble inexorablement lié, je ne prendrai pas le risque de vous contredire.

Je vous donne donc ma propre recette. Le fruit du cynorrhodon renferme beaucoup de vitamine c, de pectine, de glucose, de tanin bien sûr, d'acide citrique et malique.

En cela elle constitue un véritable rempart à nos petits désagréments. Pour ma part je place les fruits dans un peu d'eau, puis au frais et je remue de temps en temps pour que toute la masse soit humide. Je laisse fermenter comme vous 4 à 5 jours, les fruits sont devenus tendres, il est temps de les passer au tamis. On aura bien sûr préalablement débarrassé les fruits de leur duvet et de leurs graines. La cuisson est la même que pour une gelée d'arbouse ou de groseilles, il faut compter 750 grammes de sucre pour un kilo de purée de cynorrhodon. Je vous laisse, je dois expliquer à un autre patient les joies du carrelage thermoplastique. Toutefois, attention. L'absorption régulière de cette confiture

peut être fatale.